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L’équipe EFGL reste mobilisée sur son projet pilote d’éoliennes flottantes

Jean-Mathieu Kolb, directeur projet EFGL chez Engie Green, lors du salon Energaïa 2018 à Montpellier (Crédits : Cécile Chaigneau)

 

 

Dans le cadre du salon Energaïa à Montpellier, qui se terminait le 12 décembre, Engie Green, l’un des porteurs de projets de ferme pilote d’éolien offshore en Méditerranée, a voulu rassurer les interlocuteurs locaux et régionaux sur la pérennité des investissements prévus au large de Leucate-Le Barcarès.

« Les annonces sur la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie, NDLR) ont créé du questionnement localement mais nous restons mobilisés sur le projet pilote de notre ferme d’éoliennes flottantes en mer, martèle Jean-Mathieu Kolb, directeur projet « Les éoliennes flottantes du golfe du Lion » (EFGL) chez Engie Green en marge du salon Energaïa à Montpellier, les 11 et 12 décembre. C’est une étape essentielle ! À terme, il faudra convaincre les banquiers, les assureurs, etc., nous avons donc besoin de passer ces phases de « dérisquage », dont le projet pilote est l’avant-dernière étape. »

Les orientations de la PPE, révélées le 28 novembre dernier par le ministre de l’Écologie, prévoient seulement deux fermes commerciales d’éoliennes flottantes en mer, de 250 MW chacune, l’une dans le sud Bretagne en 2021 et l’autre en Méditerranée en 2022. Des annonces qui ont plombé les espoirs des acteurs de la filière en devenir de l’éolien en mer flottant mais aussi déclenché une inquiétude sur les territoires concernés et investis pour soutenir la création de cette filière.

En Occitanie, deux projets de fermes-pilotes sont en cours sur la Méditerranée : celui du consortium EolMed, emmené par l’Héraultais Quadran Energies Marines, au large de Gruissan (11) et le projet EFGL, porté par Engie, EDP Renewables, la Caisse des Dépôts et Eiffage sur la zone de Leucate-Le Barcarès (Aude). Le 3e projet méditerranéen est le projet PGL, porté par EDF-EN sur la zone de Faraman (Bouches-du-Rhône).

Rassurer

Jean-Mathieu Kolb profite du focus donné sur les énergies renouvelables avec le salon Energaïa pour rassurer. Il rappelle le phasage du projet EFGL (180 M€ d’investissement) et confirme les prochaines étapes : les autorisations administratives ont été déposées en avril 2018, le Parc naturel marin du golfe du Lion a émis un avis favorable en juin, l’information locale a été dispensée durant tout l’été dans des permanences (800 personnes touchées), la campagne géotechnique (étude de la nature des sols et définition des propriétés mécaniques et thermiques utiles au dimensionnement des ancres et des câbles de raccordement électriques sur le fond marin) a été menée en août, tout comme la campagne archéologique sous-marine en septembre, sans qu’aucun vestige n’ait été identifié.

Après la signature d’une convention avec le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins en octobre, fixant le cadre de la meilleure cohabitation possible entre le projet et les activités de la pêche des cinq prochaines années, c’est le rapport favorable de la Commission nationale du débat public qui a été rendu en novembre, « confirmant la perception globalement favorable du projet comme un vecteur de nouvelles dynamiques pouvant apporter de la valeur ajoutée au territoire ».

Bientôt les appels d’offres

« L’enquête publique démarrera début 2019, les autorisations devraient tomber durant l’été 2019,annonce-t-il. Les études techniques et d’ingénierie seront alors finies, et la décision finale d’investissement interviendra fin 2019. L’installation se fera alors à la mi-2021 et commencera une expérimentation de vingt ans. Mais à échelle de 2 ou 3 ans, nous aurons tiré une grosse partie de l’expérience. »

Sur les phases d’études, une quinzaine d’entreprises régionales ont travaillé ou travaillent pour le projet, parmi lesquelles Biotope (Mèze, 34) ou BRL Ingénierie (Nîmes, 30).

« En 2019, nous lancerons, avec nos contractants, les appels d’offres pour les prestataires de rangs 2 et 3,précise Jean-Mathieu Kolb. Une réunion B2B est prévue, avec Ad’Occ (agence de développement économique de la Région Occitanie, NDLR) et le réseau des CCI, le 31 janvier 2019 à Labège (Haute-Garonne, NDLR). L’agence a déjà identifié 208 entreprises en Occitanie qui sont potentiellement intéressées par ces marchés d’éolien flottant en mer. »

La question de l’emploi

Les services de l’Etat sont eux aussi en marche sur la question de l’emploi : en novembre dernier, la Direccte et la Dreal Occitanie ont organisé une réunion afin d’identifier les bassins d’emplois et les compétences.

« Cela s’inscrit dans une logique de construction de filière qui montre qu’on entre dans la phase 2 du projet », se réjouit Jean-Mathieu Kolb.

Philippe Lesoil, DRH  de la BU France Renouvelables d’Engie, ajoute que le groupe Engie et la Région Occitanie étudient ensemble la possibilité de créer « un hub régional des compétences énergies renouvelables afin d’anticiper les futurs besoins des entreprises de la filière ».

 

 

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